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Alex Eala, tête de série n°17, prête à bousculer l’US Open

Alex Eala ne vient pas à Flushing Meadows pour faire de la figuration. À 21 ans, la Filipina débarque à l’US Open avec le statut de tête de série n°17, le plus haut rang de sa jeune carrière en Grand Chelem, et une certitude : elle a désormais le jeu – et le CV – pour bousculer l’ordre établi.

Cette place dans le tableau n’a rien d’anodin. Elle efface son précédent meilleur classement en Grand Chelem, une 25e tête de série à Wimbledon, et l’installe dans la moitié basse d’un tableau chargé de pièges. Sur sa route, des noms qui pèsent lourd : la finaliste de l’an dernier Amanda Anisimova, tête de série n°10, mais aussi une série de cogneuses capables de transformer une quinzaine en parcours du combattant.

Pour l’instant, l’équation est simple : Eala commencera face à une qualifiée. Un premier tour piégeux en apparence, mais capital pour lancer sa campagne. En cas de succès, elle retrouverait au deuxième tour la gagnante du duel entre Oleksandra Oliynykova et la wild-card américaine Reese Brantmeier.

L’histoire a déjà croisé Oliynykova récemment. En mai, à Strasbourg, lors d’un WTA 500, Eala avait livré un bras de fer en trois manches avant de céder dès le premier tour face à l’Ukrainienne. Une défaite qui laisse un goût d’inachevé et, surtout, une possibilité de revanche si les astres s’alignent à New York. Brantmeier, elle, reste une inconnue pour la Filipina : les deux joueuses ne se sont encore jamais affrontées sur le circuit WTA.

Et ce n’est que le début des scénarios possibles.

Un tableau relevé, des retrouvailles possibles

Si Eala s’enfonce dans la deuxième semaine, le décor pourrait devenir explosif. Parmi les adversaires potentiels, une amie d’abord : Iva Jovic, tête de série n°14. Une amitié mise entre parenthèses le temps d’un match, si le tirage les réunit.

Derrière, le niveau monte encore. Anastasia Potapova, deux fois quart de finaliste en double en Grand Chelem, connaît parfaitement les grandes scènes. Jelena Ostapenko, championne de Roland-Garros 2017, ne recule jamais devant le risque et peut retourner un match en quelques frappes. Et puis il y a Mirra Andreeva, 19 ans, déjà titrée à Roland-Garros cette saison, incarnation de la nouvelle vague qui refuse d’attendre son tour.

Rien n’est simple, jamais, dans un Grand Chelem. Eala le sait. Son meilleur résultat jusque-là reste un huitième de finale à Wimbledon, atteint il y a quelques mois. L’objectif implicite est clair : faire mieux. S’installer plus profondément dans la deuxième semaine. S’asseoir à la table des joueuses qui comptent.

Une tournée nord-américaine qui change tout

Si l’optimisme entoure Eala, ce n’est pas seulement à cause de son classement. C’est aussi parce qu’elle arrive à New York lancée à pleine vitesse. Sa tournée nord-américaine a marqué un tournant : elle y a décroché son premier titre WTA au Mubadala DC Open, un trophée qui a tout changé.

Ce n’était pas un titre acquis dans l’ombre. Elle a renversé des joueuses qui, pour beaucoup, visent les derniers carrés en Grand Chelem. Zheng Qinwen. La tenante du titre Leylah Fernandez. La tête de série n°2 Elina Svitolina. Une quadruple championne de Grand Chelem, Naomi Osaka. Puis Jessica Pegula, finaliste de l’US Open 2024. Une série de victoires qui raconte une chose : Eala n’est plus seulement une promesse, elle est devenue une menace.

Cette montée en puissance s’est jouée aussi sur d’autres terrains. En double mixte, elle a partagé le court avec Felix Auger-Aliassime. Ensemble, ils ont buté sur un duo au parfum de feuilleton : Gaël Monfils et Elina Svitolina, couple sur le circuit et vainqueurs de ce duel. Une défaite, certes, mais une expérience supplémentaire sur les grandes scènes, face à des joueurs rompus aux matches à haute intensité.

Une nouvelle dimension à Flushing Meadows

Tout converge vers ce moment. Une tête de série historique pour le tennis philippin, un tableau dense, des références récentes contre des joueuses du top mondial, et cette impression que la marge de progression reste importante.

La marche est haute, mais Eala arrive avec des certitudes, du rythme et un jeu qui a fait tomber des championnes récentes de Grand Chelem comme des finalistes de l’US Open. À Flushing Meadows, elle ne sera plus la jeune outsider que l’on découvre. Elle sera la joueuse que les têtes de série regardent d’un peu plus près au moment d’étudier le tableau.

Reste une question, simple et brutale : cette fois, jusqu’où ira-t-elle dans la ville qui ne pardonne rien, mais qui consacre celles qui osent tout ?