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Delap : de l'ombre de Kane à l'espoir de Forest

On l’avait presque adoubé avant même qu’il ne s’installe en Premier League. Formé à l’académie de Manchester City, explosif à Ipswich, Delap était présenté comme l’héritier naturel de « King » Kane. Le prochain grand numéro 9 anglais, celui qui reprendrait le trône quand le capitaine recordman finirait par descendre de scène.

La suite a été beaucoup moins linéaire.

Son transfert à 30 millions de livres à Stamford Bridge devait lancer une ère. Il a surtout laissé un goût d’inachevé. Trois buts seulement avec Chelsea, en 47 apparitions toutes compétitions confondues, malgré un titre de FIFA Club World Cup glissé dans le palmarès. Sur le papier, une ligne dorée. Dans la réalité, un passage qui a sérieusement fait chuter sa cote.

À l’ouest de Londres, Delap s’est grippé. Blessures, irrégularité, confiance émiettée. Le genre de période qui peut briser une trajectoire ou la retendre à l’extrême.

Forest prend le pari des 50 millions

C’est là qu’intervient Nottingham Forest. Là où d’autres ont hésité, le club du City Ground a tranché net : 50 millions de livres, record de recrutement du club à l’été 2026, pour relancer un avant-centre cabossé mais encore loin d’être usé.

Et Delap a déjà commencé à rendre la politesse. Il a ouvert son compteur, il bouge, il pèse, il bouscule. On sent un joueur qui veut rattraper le temps perdu, qui a besoin de minutes, de responsabilités, de ce sentiment si précieux pour un buteur : être au centre du projet, pas à la marge.

Le City Ground lui offre exactement cela. Un environnement où chaque match compte, où le public vit chaque duel, où un attaquant peut se nourrir de la ferveur autant que des centres. Pour un avant-centre puissant comme lui, c’est un laboratoire idéal pour retrouver l’étincelle.

Un buteur vit de confiance et de la foi de son entraîneur. Forest semble prêt à lui donner les deux.

L’Angleterre cherche le successeur du roi

En toile de fond, il y a une autre histoire, plus lourde encore : celle du futur du poste de numéro 9 avec l’Angleterre. Harry Kane continue d’empiler les records. 85 buts sous le maillot des Three Lions, une marche tranquille mais implacable vers la barre des 100, et seulement quatre sélections à rattraper pour égaler le record d’apparitions de Peter Shilton.

À 33 ans, il reste le centre de gravité de l’attaque anglaise. Mais personne n’ignore que son règne finira par s’achever. Et là, le vide se dessine déjà.

Les candidats ne se bousculent pas. Quelques noms émergent, dont celui de Delap, fort de ses 12 sélections chez les U21, et celui de Brian Madjo, prodige de 17 ans à Aston Villa. Deux profils, deux générations presque, mais une même mission : prouver qu’il y aura bien une vie après le numéro 9 le plus prolifique de l’histoire anglaise.

Le regard de Zamora : curiosité et prudence

Bobby Zamora, ancien attaquant international, observe ce paysage avec un mélange d’admiration pour Kane et d’incertitude pour la suite. Interrogé par GOAL dans le cadre de son association avec BetWright Premier League betting, il ne masque ni la difficulté du défi, ni son interrogation.

Pour lui, remplacer Kane relève presque de l’impossible. Il insiste sur le caractère « extrêmement spécial » du capitaine anglais, sur la rareté d’un tel profil. En clair : enfiler ses crampons, ce sera une tâche « très, très » compliquée, et il ne sait pas encore qui pourra s’y coller.

Delap, pourtant, reste dans son champ de vision. Zamora le dit clairement : il l’imaginait « vraiment spécial ». Ce qui l’intrigue aujourd’hui, c’est la façon dont l’attaquant va digérer le « coup » de son passage à Chelsea, cette cassure dans une trajectoire qui semblait filer droit vers les étoiles. Blessures, irrégularité, peu de buts : autant de freins qui auraient pu le faire dérailler.

Zamora veut voir comment il va réagir, comment il va transformer cette période en carburant. À ses yeux, Delap reste un potentiel sérieux, à condition de trouver « la bonne équipe » pour l’accueillir. Forest, justement, se présente comme ce contexte-là : un club où il peut être au cœur du jeu, pas un simple rouage.

Une saison charnière, un maillot en ligne de mire

La question est désormais simple et brutale : Delap peut-il convertir ce pari de Forest en ticket pour l’équipe nationale ? Si les buts s’enchaînent sur les bords de la Trent, si le rendement suit enfin la promesse, la porte des A s’ouvrira tôt ou tard.

L’Angleterre a besoin d’un successeur, ou au moins d’une relève crédible. Le temps file, Kane continue de marquer, mais le futur ne peut pas rester en suspens indéfiniment.

Delap sait ce qui l’attend : marquer, semaine après semaine, sous le maillot de Forest. Prouver que Chelsea n’était qu’un détour, pas une condamnation. Imposer l’idée qu’un jour, quand Kane quittera la scène internationale, le vide ne sera pas si abyssal.

Le trône est encore solidement occupé. Mais quelqu’un devra bien s’asseoir dessus.

Delap : de l'ombre de Kane à l'espoir de Forest